Mieux se connaître pour mieux jouer

Tous les musiciens le savent : pour progresser, ou même simplement ne pas perdre son niveau, il est nécessaire de pratiquer son instrument quotidiennement. Pour ceux d’entre vous qui enseignent, vous avez remarqué à quel point il peut être difficile d’obtenir une pratique régulière à la maison de la part de certains élèves.

Parfois, on leur donne notre propre exemple, sans plus de succès. Ainsi, quand j’étais ado, je me levais tous les matins à 6h, ce qui me laissait le temps de jouer 40 minutes avant de partir au lycée. Bizarrement, quand je raconte ça à mes élèves, ils commencent à faire une drôle de tête. Pourtant, ça marchait très bien !…. pour moi.

ma-vie-en-mieuxDans son livre Ma vie en Mieux, Gretchen Rubin ne parle pas particulièrement des clarinettistes, ni même des musiciens. Mais en le lisant, j’ai tout de suite pensé aux applications possibles dans notre domaine.

Elle a cherché à comprendre comment installer de bonnes habitudes, et surtout comment les maintenir sur le long terme. Ce faisant, elle s’est vite aperçue que des techniques qui fonctionnent pour certaines personnes ne marchent absolument pas pour d’autres, ou qu’une même personne pouvait avoir beaucoup plus de mal à se motiver à différentes périodes de sa vie.

GR-gretchenAinsi, une de ses amies était venue la voir pour lui demander conseil car elle avait envie de se remettre au sport. Elle était très motivée en théorie, et pourtant, impossible pour elle de se tenir à une pratique régulière. Elle avait toujours une bonne excuse pour ne pas aller courir comme elle l’avait prévu. C’était d’autant plus étonnant que, quelques années plus tôt, pendant ses études, elle avait fait partie d’une équipe et ne manquait alors aucun entraînement, malgré un rythme beaucoup plus soutenu. Pourquoi cette différence ? Était-elle devenue paresseuse en vieillissant ?

Pas forcément. C’était plutôt que le type d’entraînement qu’elle avait choisi ne correspondait plus à la « tendance » de sa personnalité.

Tendance ? Gretchen a en effet identifié 4 types de personnalités qu’elle appelle les « four tendencies » (quatre tendances). Les voici :

The obliger :

Il répond surtout aux obligations extérieures. Il a besoin d’agir pour quelqu’un d’autre (tenir une promesse à quelqu’un, suivre une règle donnée, faire quelque chose pour son travail, sa communauté, sa famille…). Ainsi, l’amie sportive de Gretchen ne manquait aucun entraînement quand elle savait que toute l’équipe comptait sur elle. Sans équipe, plus de motivation.

The questionner :

À l’inverse, il répond aux obligations intérieures. Il a besoin de savoir pourquoi il doit faire quelque chose, et ne répond pas bien aux ordres donnés s’ils ne sont pas expliqués et intériorisés.

The upholder :

Il répond facilement aux obligations intérieures et extérieures. Cette tendance correspond en fait à une minorité de la population.

The rebel :

Il ne répond ni aux obligations intérieures ni aux obligations extérieures. C’est un rebelle, quoi ! Il déteste toute forme d’obligation, qu’il se la fixe lui-même ou qu’elle vienne des autres. Il a besoin d’avoir l’impression de faire un choix libre pour toutes ses actions. Il a beaucoup de mal avec l’idée même d’habitude.

Gretchen Rubin - 4 tendancies

En ce qui me concerne, je pense être un upholder. En effet, pour moi, c’est assez facile de me fixer un objectif et de m’y tenir, ou, quand j’étais élève, de faire ce que mon prof me demandait. Je comprends mieux maintenant pourquoi j’ai parfois du mal à conseiller certains de mes élèves : ils ont simplement une autre tendance de personnalité que moi. Il leur faut donc développer des méthodes différentes.

The curious clarinet

Et vous ? Vous pensez être de quelle tendance ?

À suivre : les applications pour nous-mêmes musiciens et pour nos élèves, selon chaque tendance. Et même les rebelles peuvent arriver à jouer régulièrement. Si si !

 

 

instruments-fr

2 commentaires


  1. mon problème c’est que dans certains cas je suis « obliger » et dans d’autres « questioner », mais jamais « upholder », et cela ne s’arrange pas avec l’âge !!!

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  2. Pour moi, ce sera le second cas… Et de toute façon, j’ai été éduquée à n’avoir le droit de m’amuser que lorsque tous les devoirs étaient faits. Cela peut devenir pesant, surtout quand tu mets des corvées de partout. En fait, une mère de famille qui travaille n’est jamais à jour des corvées… Donc parfois, je me classerais bien dans rebelle! Ma devise est de me lever tôt et d’optimiser mon temps pour avoir le bon équilibre entre obligations et récréation!

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